Friant s’inspire sans aucun doute de la poésie romantique en trois Chants d’Alfred de Musset, Hassan et Namouna, publiée en 1832, dans laquelle Hassan, “nu comme la main” faisait conduire dans son palais, le premier de chaque mois, deux jeunes filles nues, renvoyées à la fin du mois. Quoique daté 1881, le tableau correspond probablement à celui dont parle Charles de Meixmoron de Dombasle, 1896, op. cit. : “à la fin des cours de 1880 (Friant) montra aux Beaux-Arts des esquisses inspirées de Gérôme …. entre autres un Hassan et Namouna et un Alexandre et Aristote” (0078-H). Est-ce une erreur de Meixmoron ou bien Friant l’a-t’il daté ultérieurement, oubliant, à quelques mois près, la date exacte d’exécution ?
Hassan et Namouna, sujet d’un orientalisme fantaisiste et fantasmé, imprégnée de sensualité, était à la mode auprès des jeunes artistes de la seconde moitié du XIXe siècle, dont Henri Régnault, Adrian Tanoux et Alexandre Bida. L’œuvre évoque certaines compositions de Jean-Léon Gérôme, que Friant admirait beaucoup. Hassan et Namouna est le premier tableau orientaliste entré dans les collections du musée et, à ce jour, le seul.