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Le Jour des Morts
Un jour de Toussaint
N° du catalogue
0243-H
Technique

Huile sur toile

Signature, Inscriptions et marques

Signé et daté en bas à gauche E. FRIANT. 1888

Dimensions
25, 4 x 33, 4 cm,
Provenance

Acquis par l’État pour le musée du Luxembourg, 1889 ;
Musée du Luxembourg, Paris ;
Dépôt de l’État au musée de Nancy, 1934.

Localisation actuelle
Nancy, musée des Beaux-Arts (inv. 1399), dépôt du musée d’Orsay (inv. RF 621)
Expositions

Paris, SAF, 1889, n°1081 ;
Paris, 1973, repr. ;
Nancy, 1988, p. 36, n°10 repr. ;
Nancy, 1999, pp. 42, 44, n°15,  ill. 33 ; p. 136 ;
Nancy, 2007, p. 172, repr. ;
Metz, 2010-2011, p. 394 repr. ;
Nancy, 2016-2017, pp. 116-119, n°52b repr. ; p. 187 ;

Bibliographie

Braun, s.d. p. 29, n°206 ;
Anon., 1889 (iii) ;
Anon., 1889 (iv), p. 90 ;
Anon., 1889 (v), pp. 39, 40 ;
Anon., 1889 (vi) ;
Anon., 1889 (vii) ;
Anon., 1889 (xii), p. ;
Anon., 1889 (xiii), p. 2 ;
Bigot, 1889, p. 2 ; commenté,  ok
Contal, 1889, p. 40 ;
Dalligny, 1889, p. 2 ;
Deuzem, 1889, p. 296 ; (élogieux)
Gauthiez, 1889 ;
Gyp, 1889 ;
Hamel, 1889 ;
J. I., 1889, p. 2 ;
Lafenestre, 1889, pp. VI et VII ;
Lostalot, 1889 ;
Mantz, 1889 ;
Marx, 1889 ;
Thiébault-Sisson, 1889, pp. 351-352 ;
Rieux, 1889, p. 9 ; (descr + – élogieuse”)
Wolff, 1889 (i) ;
Wolff, 1889 (ii), pp. 23, 83 repr. ;
Anon., 1890 (ii), pp. 353-354 repr. ;
Anon., 1890  (iv), p. 2 ;
Garnier, 1890, p. 49 ;
Hoschedé, 1890, p. 226 ;
Deuzem, 1891, p. 309 ;
Lefort, 1891, pp. 66, 154 ;
Mantz, 1890, p. 1 ;
Anon., 1892 (iii), n°116, pl. XXV repr. ;
Mercy, 1900 (i) ;
Mercy, 1900 (ii) ;
Borgmeyer, 1912, pp. 686-687 ; p. 690 repr. ;
P. L., 1893, repr. ;
Bénédite, 1894 (réed. 1898 et 1900), n°118 ;
Meixmoron, 1896, pp. 30, 41 ;
Hinzelin, 1898, p.178 ;
Lafenestre, 1898, p. 131 ;
Merson, 1898, p. 43 ;
Hinzelin, 1899, pp. 61, 62 repr. ;
Bénédite, 1900, p. 522 ;
Lorquet, 1901, p. 216 ;
Leroi, 1901, p. 263 ;
Lalance, 1903, p. 31 ;
Marcel, 1905, p. 307 ;
Toussaint, 1910, pp. 411, 414 ;
Borgmeyer, 1912, pp. 686-687, 690 repr. ;
Genevray, 1912, n°11 ;
Bénédite, 1912, n°206 ;
Hinzelin, 1916, p. 53 ;
Bénédite, 1923, p. 39, n°239 ; p. 119 repr. ;
Avril, 1923, p. 4 ;
Rocheblave, 1926, p. 121 ;
Alexandre, 1929, p. 359 ;
Alexandre, 1931, p. 70 repr., p. 75 ;
Garçot, 1931, pp. 74-75 ;
Hinzelin, 1931, p. 2 ;
Hinzelin, 1932 ;
Hunziker, 1932, p. 1 ;
DTEF, 1933, pp. 16, 18, 31, 37, 55, 81, repr. face page 48 ;
Alexandre, 1946, p. 14, repr. pl. I ;
Weisberg, 1962, p. 237 ; fig. 8.3 repr. ;
Crespelle, 1966, p. 8 repr. ; p. 140 ;
Schurr, 1972, p. 92 ;
Celebonovic, 1974, pp. 71-73 repr. ;
Harding, 1979, p. 61 repr., p. 111 ;
Monneret, 1980, vol. 3, p. 124 ;
Cat. exp. Paris, 1982-83, p. 245, n°90a repr. ;
Weisberg, 1982, p. 237, repr. fig 8.3. ;
Burollet, 1984, pp. 34, 36 ;
Cogeval, 1986, p. 134, n°222 repr. ;
Vazemmes, 1986, p. 118 repr. ;
Aptel, 1989, pp. 236, 238 ;
Pétry, 1989, p. 111 ;
Lévêque, 1990, p. 558 repr ;
Harcos, 1991, pp. 58, 61 ;
Weisberg, 1992, p. 83, n° 88 repr. ;
Berbet, 1993, p. 72 repr. ;
Cat. exp. Nancy, 1993, p. 15 ;
Cat. exp. Pittsburgh, 1997, pp. 250, 251, fig. 100 ;
Mac Intosh, 1997, pp. 582-583, repr ;
Cat. Petit Palais, 1998, p. 327 ;
Kang Hui-An, 1998, pp. 117, 172, repr. pl. 32 ;
Cat. exp. Nancy, 1999 (iii), p. 90 ;
Salmon, 1999, pp. 172-173 repr. ; p. 178 ;
Bénézit, 1999, p. 711 ;
Claudel, 2001, p. 48 repr. ;
Thomas, 2002, pp. 15-16 repr. ; pp. 34, 320, 515, 520 ;
Cat. exp. Roubaix, 2003, p. 114 ;
Claude, 2003, pp. 113-115 repr. ;
Cat. exp. Bar-le-Duc, 2004-05, p. 75 ;
Chavanne, 2005, pp. 129, 144-145 repr. ;
Claude, 2005, pp. 83-85 repr. ;
Salmon, 2005, pp. 144-145 repr. ; p. 129 repr. d’un détail ;
Saur, 2005, p. 26 ;
Cat. exp.Vic-sur-Seille, 2006, p. 10 repr. ;
Maguin, 2006, p. 52 repr. ;
Meneux, 2007, pp. 130-131 ;
Sicard-Lenattier, 2007, p. 30 ;
Weisberg, 2007, pp. 6-7, fig. 5 ;
Cat. exp. Paris, 2007, p. 48 ;
Descouturelle et al., 2009, p. 180 ;
Breton, 2010, pp. 182-183 repr. ; p. 200 ;
Cat. exp. Amsterdam-Helsinki, 2010-11, pp. 41 repr. ; pp. 88-89 repr.,  et repr. de deux caricatures ; p. 116 ; p. 184 repr. ;
Cat. exp. Ornans, 2012, p. 101 repr. ;
Stoullig, 2012, pp. 78, 80-81 repr. ;
Thomson, 2012, p. 2, repr ; repr. d’un détail face p. XIV ;
Clark, 2014, p. 438, n°43 repr. ;
Bonnet, 2016, pp. 85, 217 repr. ; p. 253 ;
Villeneuve, 2016, p. 7 repr. ;
Bajou, 2019, p. 167 repr. ;
Claudel, 2019, pp. 54-55 ;

Fayet, s. d., pp. 1, 6 ;

Notice

L’esquisse de Bastien-Lepage, Le jour des morts, fut peut-être une source d’inspiration (cf. cat. exp. Paris, 2007, op. cit.).

Ce tableau vaut à Friant le prix du Salon en 1889. A l’exposition de 1889 il obtient la médaille d’or et la croix de chevalier de la Légion d’honneur. Le talent du peintre est définitivement consacré.

“Cette année il (Friant) montre dans le grand tableau La Toussaint le dédain absolu de la tradition et du poncif académique pour se créer une note et une manière très personnelle d’un réalisme sain, vrai et fort.” (Deuzem, 1889, op. cit.).

“Qui de nous n’a pas vu cette scène fixée sur la toile avec une extraordinaire exactitude, au point de donner l’impression intime de la réalité ? M. Friant a déployé dans cette composition réaliste toutes les qualités qui le distinguent…” (Anon., 1890 (ii), op. cit.).

Wolff (1889 ii) le décrit longuement et avec moult louanges.

“Son beau tableau, aujourd’hui au Luxembourg, réalisait les espérances que ses débuts (de Friant) avaient fait naître”, Merson,  1898, op. cit.

“His (Friant’s) beggar is a king among beggars ….. a somber poem of misery. Our pity goes to out to this blind man whose soul is so simply, without exaggeration, without aiming at the easy effect, shown to us” (Borgmeyer, 1912, op. cit.).

“Ce n’est pas un hasard si, 30 ans après (L’enterrement à Ornans de Gustave Courbet), Emile Friant a renchéri sur la force du mouvement instantané dans sa procession de La Toussaint, exposée au Salon de 1889, juste après l’entrée du manifeste de Courbet au Louvre” (Bajou, 2019, op. cit.).

“…..dans sa simple et touchante ordonnance, il (le tableau) émeut ; mais grâce au spectacle de cette vie qu contraste avec la tristesse du lieu, l’émotion qu’il nous donne n’a rien de déplaisant ni de chagrin. Les personnages, de grandeur naturelle, ont une expression si frappante de santé, une physionomie si sympathique et si franche qu’on se sent irrésistiblement attiré vers eux …. et que l’intérêt qu’on leur porte atténue tout ce que le sujet a de poignant et de trop vif. Quant à l’exécution, elle est d’une sincérité, d’une vigueur qu’on ne peut dire ; il est rare aujourd’hui de trouver des morceaux de cette largeur, et un tableau pareil classe l’artiste, si jeune qu’il soit encore, parmi les maîtres de la peinture française.” (Thiébault-Sisson, 1889, op. cit.).

“A ce grand peintre… la méditation et la préparation d’un tableau demandent autant d’efforts que la méditation et la préparation d’un livre à un grand écrivain…. Friant a eu l’idée de ce tableau (La Toussaint) en voyant à Nancy une mère et une petite fille en deuil se rendant au cimetière. Longtemps il porta en lui cette idée qui peu à peu se développait presque à son insu. Un jour il ajouta à ses personnages une femme porteuse d’un bouquet. Un autre jour, il résolut d’introduire aussi dans son tableau un aveugle dont la tête, aux yeux éteints, ressemblait à une tête de mort et que tout Nancy reconnut. Cet aveugle, installé par Friant à la porte du cimetière, fournissait un centre au tableau. Mais le haut mur du cimetière barrait l’horizon ? Un autre jour, idée lumineuse, Friant résolut de percer ce mur. Ainsi les tombes apparaissaient, vivantes.

Tout commençait à s’animer et s’équilibrer. Cependant quelque chose manquait encore à l’harmonie de l’ensemble. Quelque chose que l’artiste ne trouvait pas et que, malgré lui, il cherchait sans cesse, même au cours de son voyage enchanté en Tunisie. Certes rien ne lui échappait de la splendeur tunisienne…. Rien ne lui échappait du ciel africain aux divines nuits toutes d’étoiles. Or, au lendemain d’une de ces nuits, Friant eut, dès son réveil, une inspiration. Il se dit : “Il y aura de la neige dans mon cimetière”.

Et tout de suie, devant ses yeux, son tableau s’acheva. Cette neige légère, plus fréquente qu’on ne croit au début de novembre en Lorraine, apporterait à l’œuvre une suprême harmonie. Ainsi se couronna d’un franc succès le labeur accompli par le peintre” (Hinzelin, 1931, op. cit.).

“J’ai entendu devant La Toussaint de M. Friant un concert d’éloges dont je ne veux pas rapporter même le plus petit motif, désireux que je suis de ménager la modestie de mon jeune ami ….. la très vive impression que m’a causée cette belle œuvre où j’ai retrouvé des figures et des gens qui sont si bien “de chez nous”, de ce cher pays de Lorraine qui a produit tant de grands artistes à côté desquels Friant est en train de prendre place” (J. I., 1889, op. cit.).

“L’œuvre est vivante et le sang circule sous la peau…” (Anon., 1889, op. cit., repris de L’Estaffette).

“Regardez bien le mendiant … il vous remuerait jusqu’aux entrailles, il est l’incarnation de la vieillesse infirme… une figure allégorique de la souffrance humaine, et ce résultat est obtenu ici par l’art pur qui s’appuie sur l’observation sans fausse sentimentalité” (Anon., 1889, op. cit., repris d’Albert Wolf, Le Figaro).

 

Ce fameux tableau a été caricaturé à plusieurs reprises. L’un de ces caricatures, par Jean-Louis Forain, a été publiée dans Le Fifre, 25 mai 1889.

Oeuvres en rapport

N°0201-H, 0244-H, 0245-H, 0246-H ;

Gravé par M. Baude ;

Dessins préparatoires pour la femme tenant un bouquet (Nancy, musée des Beaux-Arts (Thomas, 2002, op. cit.) ;

Galerie