Huile sur toile
Monogrammé en bas à droite E. F.
Commande de la ville de Nancy, 1891
Anon., 1895 (i) ;
Anon., 1895 (ii), pp. 38-39 ;
Anon., 1895 (iii), pp. 87-89 ;
Anon., 1895 (iv) ;
Anon., 1895 (viii), p. 1 ; ok vérifié
Anon., 1895 (ix), p. 2 ok. ; élogieux et long
Anon., 1895 (x), p. 2 ; ok
Barsilan, 1895, p. 2 ; OK
Bénédite, 1895, pp. 77, 82 repr. ;
Fournier, 1895, p. 326
Guyon-Verax, 1895 ;
Lafenestre, 1895, p. 650 ;
Loisy, 1895 (i), p. 263 ;
Loisy, 1895 (ii), p. 363 ;
Ph. P., 1895, p. 1 ;
Tenib, 1895, p. 483 repr. ;
Yriarte, 1895, p. 85 ;
Meixmoron, 1896, pp. 32, 34, 43 ;
Hinzelin, 1899, p. 63 ;
Anon., 1900 (iv), p. 73 ;
Leroi, 1901, p. 263 ;
Marcel, 1905, p. 307
Hallays, 1920, p. 96 ;
Avril, 1923, p. 4 ;
Alexandre, 1931, pp. 75, 80 ;
Garçot, 1931, pp.76-77-78 ;
Hunziker, 1932, p. 2 ;
DTEF, 1933, pp. 56, 82, 95, repr. après la p. 56 ;
Alexandre, 1946, p. 28, pl. IV ;
Cogeval, 1986, p. … ;
Aptel, 1989, p. 238 ;
Harcos, 1991, p. 61 ;
Maubeuge, 1998, repr. en couv. ;
Thomson, 1999, p. 642 ;
Loyer, 2000, pp. 56-57 ;
Claudel, 2001, p. 74 repr. ;
Thomas, 2002, pp. 20, 32 repr. ; p. 34 ;
Péristyles, 2004, pp. 30-31 repr. ;
Claude, 2005, pp. 109-113, repr. ;
Thomson, 2005, p. 215 repr. ;
Weisberg, 2007, pp. 8-9 repr., ; p. 11 ;
Thomson, 2012, p. 40 ;
Anon., s.d., p. 95 ;
Fayet, s. d., p. 3 ;
En 1891, la ville de Nancy commande à Friant deux panneaux décoratifs destinés au grand salon de l’hôtel de ville. Friant choisit pour thème des scènes champêtres montrant des personnages en pleine nature et se met immédiatement au travail, comme en témoigne l’esquisse (n°0374-H) datée 1892. En 1895, les panneaux sont achevés et exposés à l’emplacement prévu, entourés d’un plafond réalisé par Aimé Morot représentant une allégorie de la danse et de médaillons peints par Victor Prouvé sur le thème des douze mois de l’année. Ensuite, les panneaux décorent la salle des mariages de l’hôtel de ville, avant d’entrer en 1905 dans les collections du musée des Beaux-Art de Nancy.
Les deux toiles, de très grand format, sont de forme ogivale. L’un, titré L’enfant couronné de fleurs, d’une intense luminosité, est un hymne à l’enfance, à la jeunesse et au printemps de la vie. Le second, titré L’enfant endormi (n°0376-H), représente les trois âges de la vie. Friant a concentré son attention sur la vieille femme qui, debout, occupe tout le premier plan. Elle semble déconnectée des autres personnages assis au second plan, d’un côté une jeune mère et son enfant, de l’autre un homme et un jeune garçon se reposant à l’ombre de grands arbres. S’agit-il des ses enfants et petits- enfants ? L’ombre qui entoure les personnages baigne la scène d’une atmosphère nostalgique qui évoque le soir de la vie.
Le thème de la fugacité de la vie intéressait Friant, il apparaît déjà dans Les souvenirs de 1891 (n° 0285-H). La symbolique des deux compositions est proche mais l’on sent une évolution, rendue plus perceptible encore par le fait que Friant ait pris la même vieille femme comme modèle. Dans Les souvenirs (1891), elle est assise non loin de jeunes gens en train de pêcher, et l’ombre d’un sourire nostalgique semble indiquer qu’elle se remémore sa propre jeunesse. Quatre ans plus tard, dans L’enfant couronné de fleurs, elle est debout et semble sur le point de sortir de la composition. Son beau visage intériorisé indique qu’elle s’est détachée des joies d’un monde qu’elle va bientôt quitter.
Friant aimait connaître ses modèles, ce qui lui permettait de saisir leurs sentiments et émotions, au moyen du regard, des traits du visage ou de l’attitude corporelle JSB
Les critiques ne sont pas toutes élogieuses sur ce tableau : ” … il règne dans l’ensemble un sécheresse de lignes et une dureté de tons qui lui ôtent une grande partie de son charme et de sa poésie… La scène est exacte mais M. Friant a l’air d’avoir escamoté ou d’avoir insuffisamment compris le rôle du sentiment décoratif, qui devait être le premier et le plus puissant attrait de son tableau” (Loisy, 1895 (ii), op. cit.).
“… une gigantesque photographie coloriée…. Ces jeunes filles, ces vieilles femmes, ce paysage, tout cela en trompe-l’oeil, vous gêne affreusement. Les personnages ont l’air de s’être arrêtés dans leurs petites affaires en attendant que vous soyez passé. M. Friant est arrivé à mettre aussi complètement que possible le talent au service de l’absence d’art” (Arsène Alexandre, L’Eclair, repris dans L’Est Républicain, 1895, p. 1, op. cit.).
“Cette conception, faite avec une parfaite correction, est pleine de gaieté et de sentiments” (Anon., L’Autorité, repris dans Anon., 1895, op. cit.).
“Les peintures décoratives de M. Friant nous le montrent sous un jour nouveau ; en élargissant son cadre, il a gardé son exécution précise, qui n’est peut-être pas tout à fait propre au décor. Les parties de paysage sont excellentes et la lumière est très vive” (Charles Yriarte, Le Figaro, repris dans Anon., 1895, op. cit.).
“Friant n’a pas le tempérament d’un décorateur. Mais cela on le sait depuis longtemps.” (Anon., 1895, op. cit.).
N°0374-H et 0376-H ;